My Cancer is Rich

Comment rire ~jaune~ avec son cancer du sein : tentative de thérapie par la dérision

20 décembre 2007

Historique 6, Postop

redonSi vous avez raté le début : Anacaracol piaffe dans sa chambre d'hôpital où Robert Redford lui a demandé d'attendre encore deux semaines avant qu'il quitte sa femme lui donne plus d'informations sur le nénécarcinome qu'il vient de lui retirer.

Heureusement j'ai un truc rigolo pour jouer, c'est un drain, ou redon, tiens, à ce sujet :

  • Y'a core 10 filles dans l'bourg de R'don
  • Qui tapent du pied quand l'amour les prend
  • Tapent du pied, sautent en rond
  • Comme des grenouilles dans un ruisseau.

Allez, allez, patience, on regarde jusqu'à la fin !

--

Enfin bref, c'est un tuyau qu me sort de la cicatrice et laisse couler un liquide jaunâtre strié de rouge qui atterit dans une poche, c'est très dégueu et c'est du plus bel effet sur  les visiteurs (pouaaarkkl). Ceci dit, on se lasse vide de jouer avec son drain, même en chantonnant les filles de Redon, alors je demande à Robert de vite me libérer parce que notre amour est impossible on m'attend à la maison.

Une fois échappée je n'ai plus qu'à attendre son appel pour savoir quels sont ses projets et si les nouvelles sont bonnes ou carrément pas top.

Ding,
Ding,
donc, comme je disais dans l'historique précédent, mais j'insiste moins, c'est saoûlant à la fin.

Sinon jusqu'ici, toute à mes aventures personnelles, j'ai négligé de parler de mon entourage et de comment il vivait la chose. En fait c'était un effet de suspense savamment calculé.

Au départ et en attendant la (mauvaise) nouvelle, les seuls au courant de l'existence de ma boule louche étaient l'homme de la Pampa, ma copine Fofi et mon collègue chéri que je peux rien lui cacher.

Une fois la nature de la chose avérée, la question s'est posée de comment et à qui l'annoncer, les premières personnes concernées étant ma génitrice et mes génitées. Enfin la première et la troisième génération. Euh bon ma mère et mes filles. Jusqu'à présent, on m'opérait d'une banale boule dans l'néné, mais là ça se corsait légèrement.

J'ai commencé par ma mère, les vieux c'est plus coriace. M'en fait, non. Les vieux, ils ont vécu la guerre, ils flippent comme des oufs  de la maladie et de la mort, ça ne les a pas blindé et puis les années passant n'arrangent rien. Et quand ils s'agit de leurs enfants, bin... c'est un peu comme les pas-vieux, ou comme les presque jeunes voire les jeunes tout court.... : z'aiment pô !

Le seul problème avec ma mère, c'est que quand je lui ai dit au téléphone que j'avais un petit nénécarcinome de rien du tout, qu'en moins de deux j'allais lui faire une tête au carré que sa mère le reconnaîtrait qu'à ses godasses, à votre avis, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Hein ? Bin forcément. Elle m'a pas cru. Elle a foncé sur son téléphone pour arracher à l'homme de la Pampa l'aveu que j'étais en phase terminale mais que je voulais pas lui dire. Stoïque, toujours, comme le Nevado del Ruiz, l'homme de la Pampa n'a pas parlé sous la torture (elle l'a menacé de ne plus lui faire de rôti de boeuf, pourtant).

Pour les enfants, c'est toujours le silence radio tant que je n'en sais pas plus. L'ambiance à la maison est ultra-moyenne puisque comme chacun sait, les enfants ont des antennes et mon foyer n'a pas échappé à la règle : la petite est d'une humeur de chacal enragé.

Mais je tiens : Ding.....

Ding....


Bin ouais, vaut mieux s'habituer, le cancer ça pourrait être renommé Ding-Ding vu le temps qu'on passe à attendre des sentences médicales.

Bon, allez... Un bel après-midi grisâtre que je vais au village d'à côté en wouature, mon téléphone fait Gring-gring - oui c'est la sonnerie que je me suis choisie. Gring-gring. Numéro inconnu.

Dans un superbe crissement de freins, je fais un dérapage contrôlé et après un demi-tour sur la route qui provoque un carambolage avec 1 camion-citerne d'aliment pour bétail, 3 tracteurs et une voiture électrique de papy, j'arrive à garer ma voiture sur un trottoir, à me jeter sur le téléphone, et appuyer sur le petit bouton vert, mais trop tard, je n'ai plus qu'à écouter le message :

"Allo, madame Machin? C'est Robert Redford". (va falloir que j'arrête de m'appeler madame Machin. Je vais plutôt retrouver un nom qui ressemble à celui de l'homme de la pampa, c'est comme ça qu'ils m'appellent à l'hôpital). Bon, on la refait :

"Allo, madame Garcia-Sanchez-de-la-Plaza-del-Toro ? C'est Robert Redford"

Aaaaah la voix douce de Robert Redford. Un peu comme celle de Trintignant, mais légèrement moins intello quand même...

"Alors voilà : j'ai une bonne nouvelle, et une bonne nouvelle. On garde le sein, et sur les 10 gangliounets retirés, seulement 2 de malaaaaaades. On se revoit un de ces jours, on se téléphone et on se fait une bouffe."

(ouaiiiis, boooon, en vrai, il m'a pas invité à manger, ooooook,,,....)

Yeeeeeeeeepaaaaa, je garde mes deux nénés et je suis pas carcinomatée de partout sous le bras !!!




Posté par AnaCaracol à 08:47 - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    BISOUS

    COURAGE MA BELLE

    http://cancerinette.skyrock.com

    Posté par CATHERINETTE, 20 décembre 2007 à 10:41
  • du courage !!!

    ... et un peu d'humour !!! je vous trouve fantastique !

    bises

    aaz'

    Posté par aazerine, 20 décembre 2007 à 19:19
  • le redon

    C'est rigolo, j'ai pensé aussi assez vite que ça lassait très vite de le regarder et de jouer avec.

    Tu ns donneras la suite de tes zamours avec RR, on se demande s'il a plaqué femme, maîtresse et héritiers pour tes yeux rieurs????

    Bon Noël, Caracol et bisous de fête

    Isabelle/Isasuisse

    Posté par Isasuisse, 20 décembre 2007 à 21:17
  • "mon collègue chéri que je peux rien lui cacher"...

    Mais jusqu'où iras-tu ?

    et merci de nous faire rire autant !

    Posté par Un collègue, 22 décembre 2007 à 21:37

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