My Cancer is Rich

Comment rire ~jaune~ avec son cancer du sein : tentative de thérapie par la dérision

30 juin 2008

A vous les studios, 1

HellllooOOOOOooo !!!

Eh oui, voilà votre envoyée spécial en direct du McDo du coin pour avoir un peu de wifi, qui tapote avec son gros bras du mieux qu'(elle peut sur son tout petit clavier de portable, avec plein de fôtes de frappe, mais avec de vrais bons motifs :


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je peux d'ores et n'avant (ah non, d'ores et déjà, bon, pas gravee, c'est pareil) vous dire qu'ici :

tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté :


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Vous aurez peut-être remarqué ce splendide vélo d'appartement qui trône à droite des fauteuils super-tendance : eh bien il y en a PARTOUT. Autant que de fauteils en faux-rotin super-tendance.
Donc, très fière, j'ai démarré ma première journée avec 1/2 heure de vélo, soit 12 kilomètres, soit près de 1000 kJoules (enfin de mémoire).

Je suis sûre que j'ai déjà perdu au moins 3 kgs. Sans les bandages, bien sûr.

En tout cas, GROSSE déception : je ne suis pas la plus sexy du service comme je l'avais espéré : y a plein de nénécarcinomatées dont un certain nombre d'un âge proche du mien. Enfin dans cette catégorie je suis peut-être bien quand même la plus jeune, mais de si peu et j'ai un tel handicap de départ que je dois d'emblée renoncer au rêve que j'avais d'être à même d'être élue "miss Gros Bras de l'année" que j'espérais gagner faute de concurrente de moins de 75 ans. Je ne ferai donc pas non plus fantasmer des cohortes de kinésithérapeutes beaux, musclés, drôles et intelligents, d'autant plus que le personnel est dans sa grande majorité féminin.

IMAGE_018Voilà, en tout cas j'ai aménagé mon petit chez-moi et au lieu de déballer ma brosse à dents j'ai plutôt opté pour le truc à gauche, ça fait trop styley et la grande classe, en accord avec le design ultra classious de l'hôpital.




Voilà, votre envoyée spécial en direct va faire un tour de trottoirs pisseux (j'avais oublié ça, aaaah Paname...!) et puis rentrer prendre son manger, puis boire sa camomille, puis pulvériser ses records avec 1 heure de vélo mixé danse salsa (c'est ma spévc ialité, je pédale en dansant la salsa, double dépense énergétique).

La suite au prochain épisode, je dois rendre l'antenne. Ici Paname, à vous les studios !






Posté par AnaCaracol à 15:53 - Ma life de djeun - Commentaires [4] - Permalien [#]


25 juin 2008

Oedème lymphatique

bibendumCa rime avec sympathique.

C'est super-lymphathique, l'oedème sympathique.

Ca me fait un bras tout gros, des doigts tout boudinés, j'ai un côté bibendum très mignon (bien sûr ma surcharge pondérale n'a rien à y voir, franchement)

Ca fait aussi plein de plaques de fibroses, caractérisées par un épaississement douloureux de la peau : quand on touche, ça fait aïe. Et j'en ai du flanc gauche jusqu'au bas du cou.

Le bon côté de mon sein gauche tout fibrosé, c'est qu'il est bien ferme, comme quand j'étais djeun'. Le mauvais côté c'est que quand ma kiné essaye de m'en débarrasser, ça fait mal. D'ailleurs même quand elle n'essaye pas, ça fait mal quand même.

Et puis qui dit lymphoedème, dit lymphangite. Très cool aussi la lymphangite : une petite peau du doigt qu'on a arraché par mégarde ? Désinfection et pansement. Une petite coupure, une petite brûlure ? On déballe tout l'arsenal de l'armoire à pharmacie pour arriver au zéro microbe.

Sinon ça rougit, ça chauffe, ça fait mal, et ça peut devenir un érysipèle. Très agréable aussi, l'érysipèle : avant on en mourait, maintenant moins mais on est quand même bon pour quelques jours d'hôpital avec 41° de fièvre (j'ai expérimenté, j'aime bien les expériences extrêmes en termes de santé) et un gros placard rouge suintant et douloureux.

Ca peut aussi dégénérer vers la thrombose veineuse puis l'embolie pulmonaire, ça, je n'ai pas encore essayé.

Les autres côtés sympas du lymphoedème du bras, c'est qu'on n'a plus le droit de porter des choses lourdes ou de faire des gestes violents avec son bras. Très pratique pour ne pas s'exploser le dos avec des charges lourdes, on délègue.  L'autre jour je me suis fait engueuler parce que je m'étais fait une petite brûlure en cuisinant : "comment, mais vous ne vous mettez PAS de GANTS pour cuisiner ?????". Bin non, je mets pas mes moufles pour cuisiner. Avant je jouais des congas, je sens que je vais les revendre parce que ce n'est probablement pas compatible avec Mr Lympho. Dommage, elles sont très décoratives. Faites à la main en Colombie. Je vous donnerai la référence sur eBay.

Pour éviter que ça gonfle encore plus on met l'accessoire tendance indispensable, pour vous mesdames, le manchon de contention. AAaaaah le manchon, quel plaisir. Ca serre bien le bras jusqu'à la main, ça gratte, ça tient chaud, et ça fait une main de poupée Barbie (mais la Barbie femme du Bibendum). Quand on reste trop longtemps le bras plié, ça commence à être douloureux et parfois on se retrouve avec la main qui commence à bleuir. Et puis évidemment ça se salit, comme une main, quoi, sauf que contrairement à une main ça se lave très mal. Un conseil : ne cuisinez pas au curcuma (même si c'est vachement anticancer comme épice) avec un manchon. Le curcuma s'accroche au manchon avec ses petits bras musclés malgré les lavages. Sauf si vous mettez des moufles par-dessus votre manchon (sûrement inflammable, en plus), pour cuisiner, bien sûr.

Pour faire diminuer le lymphoedème du bras, on peut aussi surélever son bras. C'est tout bête comme système, ça s'appelle la gravité. C'est un type qui s'est pris une pomme sur la tête qui a inventé ça. Et ça a l'air de rien, ce truc, mais c'est très logique et très efficace. Efficace, bien sûr, si vous êtes capables de rester allongé sur le dos pendant 3 heures avec le bras élevé à 30°. Essayez, vous allez voir, c'est trop de la balle. Au moment où je m'étais entorsé le pied, il fallait aussi que je surélève le pied droit dans mon lit. Je dormais donc avec ma copine Germaine, la tigresse, qui me tenait le bras gauche accompagnée de quelques oreillers, et le matelas surélevé au niveau des pieds avec d'autres coussins pour me surélever la jambe droite. Je ne vous raconte même pas les splendides nuits que j'ai pu passer, en me réveillant régulièrement pour m'assurer que je ne perdais pas la position bras gauche-jambe droite. Quand à la fin je ne pouvais même plus bouger parce que j'avais les vertèbres en compotes, j'ai pris la sage décision d'abandonner la surélévation. En espagnol, on dit aller de Guatemala a Guatepeor ; ou de Charybde en Scylla, mais l'ortograf est plus cool.

Bien. Tout ça pour dire que dans quelques jours je m'en vais-z'à Paname pour me faire traiter le lymphoedème. Stage accéléré d'anti-oedème : drainages, bandages, contentions, surélévation, kiné par ci, kiné par là, marche et exercice physique (pouaaark). J'ai fait un tour là-bas : c'est très joli, blanc crème, avec plein de vieux messieurs et de vieilles dames qui vont, tout habillés de blanc crème, en déambulateur jusqu'à leur vélo d'appartement. En gros. Je sens que ces 10 jours vont déchirer grave ; Paname ça va être la grande folie. Alors, mâme Michu, comment elle va ce matin ? OOOoooh bin elle va bien, elle va bien, elle a marché 50 m. Et ce temps, alors ? Oooooh bin y fé cho, hin ! Y a plus d'saison, moi j'vous l'dis ! Encore une petite tisane ? Ooooh non merci, c'est pas bon pour ma vessie.

10 jours super délire, je le sens. Je n'ai jamais dépassé les 5 jours dans un hôpital, et je sais qu'au bout de 3 jours je fais une dépression nerveuse (sauf si je suis dans le coma). Alors 10 jours à faire du vélo avec des grand'mères, ça fait peur...

Avec un peu de chance je pourrais tomber sur une nénécarcinomatée bien rock'n'roll prête à cacher une bouteille de rhum sous son matelas. Si elle passe par hasard sur ce blog, qu'elle me fasse signe : on se préparera des recettes de cocktails qui déchirent pour passer le temps et on jouera au poker le soir après extinction des feux.

Ah tiens, j'ai eu 42 ans aujourd'hui ! incroyab' ! L'année dernière, pour mes 41 ans, je mangeais dehors au soleil chez Makopinfofi et je regardais tomber mes cheveux : le lendemain je rasais tout. C'est joli, 42, et puis ça veut dire qu'un an a passé (bin oui, c'est un peu l'idée du concept d'anniversaire, n'est-ce pas), deux chiffres pairs, comme une paire de nénés dont un qui fait la moitié de l'autre. Est-ce qu'à 43 ans j'en aurai un troisième qui repoussera ?

La suite au prochain épisode des palpitantes aventures de Néné-CaracoooOOool !

Bisouilles à tous et surtout aux gentilles essentielles qui m'ont écrit aujourd'hui ! :-)





PS : n'empêche : j'aurais jamais imaginé qu'un jour je prendrai un certain plaisir à VIEILLIR...




Posté par AnaCaracol à 22:56 - Commentaires [11] - Permalien [#]

18 juin 2008

Echo régional

gwenhaduAujourd'hui, je fais écho au blog de Bea la marseillaise et j'y vais de ma spécialité locale : je recopie un texte qui circule en ce moment sur le net :


TU ES BRETON QUAND ...


  • Tu sais qu'en Bretagne aussi il y a du soleil
  • Pour toi, faire des crêpes ça ne s'arrête pas au Mardi-gras.
  • Tu as au moins 2 de tes amis qui s'appellent Gwen, Yann, Erwan ou Ronan.
  • Tu n'as jamais payé une autoroute pour aller d'un bout à l'autre de ta région.
  • Tu mets des « quoi » à chaque fin de phrase.
  • Il ne te viendrait pas à l'idée de prendre du poids sans que ça ait du goût  autrement dit,manger du beurre pas salé)
  • Tu sais que la Cornouaille c'est pas qu'en Angleterre.
  • Tu sais que l'on ne parle pas de la même pluie selon que l'on dise qu'il « crachotte » ou qu'il « pleuviotte »
  • Tu ne doutes pas que dans Ille et Vilaine, « Ille » prend deux L
  • Tu sais que le beurre salé se marie très bien avec la confiture ou le nutella sur des tartines
  • tu sais d'où vient Merlin l'enchanteur.
  • Aller à la mer, ça n'a rien d'extraordinaire : c'est jamais à plus d'une heure de route, de toutes façons...
  • Il ne te viendrait pas à l'idée de passer tes vacances en bord de mer ou même d'y aller « en saison », quand c'est infesté de parisiens.
  • Tu sais ce que veut dire l'expression « T'es pas en sucre ! »
  • Tu sais ce qu'est un korrigan.
  • Tu sais que le village d'Astérix n'est pas dans l'Oise.
  • Tu sais que la chanson 'la tribu de Dana' de Manau n'est pas une traduction de l'original d'Alan Stivell, mais que seul l'air a été repris (pour les incultes, la chanson originale est 'Tri Martolod')
  • Tu sais qu'il faut éviter les voitures avec des volants à droite qui envahissent ta région au mois de juin/juillet, parce que les grands-bretons savent pas conduire du bon côté de la route, mais on leur pardonne parce qu'ils ont un bon lever de coude.
  • Acheter tes huîtres au Leclerc du coin ne te viendrait pas à l'idée puisqu'on peut aller les chercher sur les rochers.
  • Tu sais ce que c'est qu'un coefficient de marée.
  • Tu sais ce que sont 'les insulaires' et 'les gens du continent'.
  • Tu sais que Belle-Ile en Mer, c'est pas seulement une chanson.
  • Pour toi, se faire réveiller par le cri des mouettes, ça n'a rien d'exotique ou ça ne sent pas les vacances : c'est tout les matins.
  • Tu vérifies avant d'aller te baigner 'à quelle heure elle est haute'.
  • Tu sais que les briochines ne sont pas une marque déposée de chez Pasquier.
  • Tu sais ce qu'est une école Diwan.
  • Tu sais que les noms de famille 'Le- [quelque chose]' n'ont rien de péjoratif : ce sont juste des noms de famille.
  • Tu sais que si tu veux voyager à l'étranger, il faut au moins traverser la France ou prendre le bateau.
  • Tu sais qu'une goélette c'est pas le petit du goéland.
  • D'ailleurs tu sais faire la différence entre la mouette et le goéland.
  • Tu sais que le vrai cidre, c'est du brut, et que c'est un des rares trucs que les normands savent faire.
  • Les gens te demandent toujours si tu parles breton, alors qu'en fait le seul mot qui te vient à l'esprit c'est toujours kenavo.
  • Ils s'étonnent que t'aies l'ADSL chez toi et que ta mère portes pas de coiffe... d'ailleurs, as-tu déjà vu une bretonne porter une coiffe ?
  • Tu ricanes quand les gens demandent 'c'est quoi la différence entre les crêpes 'froment' et 'blé noir' ?'
  • Tu sais que partout où tu iras dans le monde tu trouveras des compatriotes.
  • Tu râles tout le temps sur ta région mais quand tu la quittes tu clames haut et fort ta fierté bretonnante.
  • Le Fest-Noz c'était un peu ton bal des pompiers à toi.
  • Tu sais que la mer n'est nulle part aussi belle !
  • Tu es le seul à apprécier le vent, la pluie et surtout les tempêtes avec leurs énormes vagues qui se fracassent sur les rochers ...
  • Tu sais ce que c'est qu'un biniou, une bombarde ou un cercle ....
  • L'été, dès qu'il pleut, tous les touristes (parisiens surtout) mettent des cirés Guy Cotten jaunes avec des bottes, et toi, tu es en short...
  • Quand tu quittes la région... Tu as l'impression d'être à l'étranger !
  • Tu ne dis pas « village » pour dire « bourg » car tu sais faire la différence entre un village, un hameau et un bourg.
  • Tu as un autocollant « In kig ha farz we trust »
  • Tu sais que les Gras de Douarnenez ne sont pas de morceaux de lard !
  • Tu sais ce que veut dire un pochon ou une cuche.
  • Une tempête pour un parisien, c'est une brise pour toi.
  • Tu grognes devant la météo et surtout devant le présentateur qui dit « en Bretagne ENCORE de la pluie ».
  • Tu dis des festou-noz et non pas des fest-noz, car oui, le breton a un pluriel.
  • Une crêperie bretonne hors de

    la Bretagne

    , ça te fait peur.
  • Tu sais qu'en cas de vent et pluie à Brest, sortir ton parapluie ne sert à rien, il ne tiendra pas.
  • Quand tu pars au sud, ça correspond à Concarneau ou Bénodet, voir Quimper !
  • Tu parles en moyenne trois fois plus vite que la moyenne des français en coupant les fins de phrase en -ble (ex : impeccab', pas croyab', met la tab').
  • Si tu sais que baragouiner vient de « bara gwin » (du pain et du vin).
  • Tu utilises régulièrement des expressions comme : prendre les ribines, aller en riboule, prendre des louzoux, avoir les cheveux qui partent à dreuz ou en distribill, être dans le lagen, à bloc Jean-Floc'h...
  • Quand il y a grande marée et qu'il pleut, tu marche pas le long des remparts de la grande plage de Saint-Malo, et même pas sur le trottoir d'en face.
  • Tu ne vas pas sur les jetées te promener quand il y a un avis de tempête.
  • Tu arrives à te baigner dans une eau à 17 degrés en disant aux autres qu'elle est bonne.
  • Tu sais la différence entre une cornemuse et un biniou.
  • Quand tu es dans le Sud et qu'il pleut, tu es fier et te met sous la pluis qui te manque...
  • Dévorer un Kouign amann ne te fais pas peur.
  • Quand tu rentres de voyage, tu passes le panneau 'Degemer Mat' à l'entrée en Bretagne : Ca veut dire que t'es bientôt rentré
  • Si tu t'es deja baigné sous la pluie en prétendant qu'elle est meilleure comme ca alors que les touristes se promenent avec leurs cirés et bottes jaunes Guy Cotten.
  • Si tu as appris à parler breton au 4 h chez mamie quand tu étais bihan (petit) et que tes parents et grands parents ne voulaient pas que tu les comprennent.
  • Si tu as toujours entendu gueuler pour que la RN164 passe en 4 voies (et oui, on ne dit pas autoroute en Bretagne...).
  • Si tu sais prononcer Rostrenen et Bonen
  • La première chose que tu fais quand tu rentres de l'étranger, c'est manger du pain-beurre ou des patates
  • Pour toi Rennes c'est pas tout à fait la Bretagne parce qu'ils mangent des galettes et connaissent que 'kenavo' en breton (en plus prononcé a la francaise).
  • Tu passes 3 heures a chercher du beurre salé au supermarché dès que tu dépasses Nantes.
  • La premiere chose que tu dis à tes parents quand tu pars en Polynésie c'est 'cool, ici on mange du beurre saléééééééééé !'
  • Tu te retrouves toujours entre bretons et autres celtes, peu importe où tu te trouves dans le monde. Eh oui, les Celtes sont de grands voyageurs mais recherchent toujours leurs racines ! En plus, on sait que tu es Breton, parce que tu le clames haut et fort à qui veut l'entendre.
  • Pour toi, Mam' Goudig a remplacé depuis longtemps Bécassine.
  • Tu dois épeler ton nom et ton adresse à toutes les autorités administratives (ou toute personne hors région) en ajoutant en souriant 'Et oui, c'est breton' si la personne en face de toi ne t'as pas déjà fait la remarque....
  • Les Vieilles Charrues, c'est pas que quelque chose qu'on attache derrière un tracteur, mais c'est surtout le pélerinage de la 3ème semaine de juillet.
  • Si lorsque tu es muté en région parisienne, tu reste immatriculé en Bretagne de peur de te faire passer pour un parigo. Et aussi parce que tu pense que tu n'y est que pour quelques années et que ça ne sert a rien de changer.
  • Lorsque tu râles quand le présentateur météo se fout devant la Bretagne durant 80% de son speech.
  • Lorsque tu passes le panneau Bretagne et que tu dit 'on est chez nous !' mais que tu habites dans le Finistère alors tu te dit : 'ptin on est pas encore rendus'.
  • Lorsque tu parles à un type qui te connais pas et qu'il te dit : 'toi t'es breton'.
  • Si t'es à l'aise Breizh !
  • Quand ça bouchonne derrière un tracteur tu sais qu'il faut remonter ta fenêtre.
  • Tu préfères passer ton été à l'Ile de Batz qu'à Saint-Tropez.
  • Tu sais que la capitale mondiale du choux, c'est pas en Belgique mais Saint-Pol-de-Léon
  • Tu préfères ne pas manger plutot que de manger sans sel.
  • Tu sais que le phare en pierre le plus haut du monde est celui de l'Île Vierge a l'aber Wrac'h...
  • T'as déjà fait un scandale dans un supermarché à l'étranger (l'étranger c'est quand t'as une autoroute pas loin) parce qu'ils avaient pas de beurre demi-sel !
  • D'ailleurs t'as toujours pensé que le beurre sans sel (quand t'as su que ça existait !) c'était seulement fait pour graisser la chaîne de ton vélo.
  • Tu sais faire la différence entre un phare et le far.
  • Si tu as décidé que tes outils de travail sont des biligs et que tu dédie tout ton temps à travailler le sarrazin et le froment dans les règles de l'art....
  • Tu connais et utilises l'expression 'faire une échelle dans son collant' et 'J'ai pris un shampoing' !!
  • L'été, tu vois une horde de touristes (surtout étrangers, sans voir une quelconque forme de racisme) sans pitié, surtout des Anglais, des Hollandais, Allemands et Français viennent polluer ta plage, tes dunes, ...
  • Tu es un vrai Breton pur beurre quand tu as le courage d'aller, en plein hiver, nager dans la Manche alors qu'elle n'est pas à plus de

    10°C

    ...
  • Tu connais la différence entre un cercle celtique et un bagad. 
  • Si ça fait 4 ans que tu n'as pas vu de neige devant ta porte.
  • Après le marché, tu vas boire un coup au bar breton.
  • Après la plage, tu vas boire un coup au bar breton.
  • Après le dîner, tu vas boire un coup au bar breton.
  • Tu es bretonne quand tes potes 'étrangers/français' te disent 'alors la bretonne!!!' à la place d'un simple 'bonjour' et qu'ils te réclament des soirées crêpes parce que toutes celles qu'ils ont jamais mangé avaient un putain de goût de plastique...
  • Pour toi, 'quatre-heures' signifie 'pain beurre' (demi-sel, le beurre, cela va sans dire...). Avec un p'tit jus, bien sûr.
  • Tu sais ce qu'est Lambé, dans la chanson de Matmatah ! (pour les ignares : Lambé, diminutif de Lambézellec, est un quartier de Brest).
  • Tu es surpris quand les gens ne te comprennent pas quand tu dis qu'un grain arrive et qu'il y aura des moutons en mer.
  • Quand tu sais que le Finistère Nord c'est pas le Finistère Nord, c'est le Léon et le Trégor...
  • Tu dis breniques pour les coquillages en forme de chapeaux chinois si tu viens du Finistère Nord, et bernique si tu es du sud.
  • A Brest, tu t'es déjà trouvé un soir dans le même bar que Miossec et Didier Squiban, le 1°, bourré, cherchant la castagne; le second, bourré, tapotant distraitement sur les touches du piano du bar en observant son compère se battre avec un autre gars. Tu regardes la scène avec intérêt, même pas étonné.
  • Arrivé près de Paris, tu te mets à chanter très fort et non sans plaisir : 'On a noyé tous les Parisiens dedans la Seine-o (bis), on a noyé en même temps toutes les Parisiennes-o (bis), ALANANALANANANANO, LANALANANENO !'
  • Tu regrettes de ne pas savoir parler breton, mais tu sais au moins chanter en breton, même si tu comprends pas les paroles (allez, au moins les classiques, quoi !).
  • Tu t'es senti visé par à peu près toutes les phrases ci-dessus, et t'as même rigolé tellement c'est vrai...

...et quand tu as un cancer, tu dis "je vais chez Eugène"...:-)



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13 juin 2008

Séquelles

Au fil du temps de mon début de rémission, je redécouvre la vraie vie des gens normaux, et mesure chaque jour ce qui me sépare de mon ancien état de "personne saine".

Pour commencer, je suis allée faire un tour au don du sang qui s'organisait près de chez moi. Je me doutais bien que je me ferais jeter, mais ça valait le coup de confirmer : en effet, l'ex-carcinomaté ne peut plus donner son sang. Rémission ou guérison, c'est la même chose au nom du principe de précaution.

Bon, alors ça c'est fait.

J'ai regardé aussi de loin comment je devrais m'y prendre pour un jour devenir propriétaire d'autre chose que de mon ordinateur, comme un logement, par exemple. Le constat est déprimant, l'obtention d'une assurance pour un prêt est un parcours du combattant.

Alors ça, c'est fait aussi.

Très allergique aux graminées, j'ai décidé de retourner voir un allergologue pour remettre sur le tapis une désensibilisation que j'avais commencé "avant". Premier point je suis exclue des tests cliniques pour un nouveau produit, mais j'aurai peut-être une chance d'y participer le jour où ils choisiront de tester sur des cancéreux (c'est pas demain la veille si vous voulez mon avis) (d'un autre côté, je sais bien que mon avis sur le sujet, tout le monde s'en fout). Et après une première approche positive qui es allée jusqu'au stockage de mes nouveaux allergènes dans le frigo, l'allergo a fait machine arrière complète : pas de désensibilisation pour les cancéreux. Même rémissionnaires. Je n'ai même pas posé la question pour ceux qui sont officiellement guéris, je me blase.

Bien, test suivant.

Le test suivant, c'est au travail. Quoique je n'ai pas testé volontairement la réaction de mon entreprise sur ce thème. Pour moi les choses sont carrées : nous sommes liés par un contrat de travail et la réglementation du droit du travail. Mon cancer et mon boulot, ce sont deux choses distinctes. Je suis une dure, une tatouée (tu m'étonnes), une battante, et mon cancer n'a pas d'influence sur mon travail. Même présente à mi-temps, je suis quand même normalement présente.

Du moins le croyais-je jusqu'à aujourd'hui où j'ai eu la malencontreuse idée de demander à mon chef de service pourquoi il ne m'avait pas attribué une augmentation de salaire qu'il a attribué à d'autres, fraîchement embauchés. Je ne lui demandais pas grand-chose, un "parce que j'en avais envie et ça ne te regarde pas", ou "parce que ces personnes font du très bon boulot", ou "parce que tu es une grosse naze au boulot" m'aurait suffi.

Mais ce grand couillon de mon chef n'a rien trouvé de mieux à me répondre que quelque chose du genre "tu comprends, tu as été absente l'année dernière. On a été sympa, on a accepté que tu reviennes plus tard, que tu prolonges ton mi-temps, on t'a même accepté un nouveau contrat à temps partiel pour que tu aies tes mercredi (contrat à temps partiel qui ne changeait rien au nombre d'heures fournies par mon équipe puisqu'un autre temps partiel s'est mué en temps plein). Tu sais, je t'ai toujours soutenue."

...

......

Vous je sais pas, mais moi ça m'a fait hurler. Pleurer, même pour être précise. En gros, il s'est défaussé d'une gestion moisie de son équipe en me faisant comprendre qu'il avait été bien charitable avec moi, cancéreuse absentéiste.

Je crois n'avoir pas été très diplomate en lui faisant comprendre que ça s'appelait de la discrimination pour maladie, et que son soutien il pouvait se le carrer à un endroit que la morale réprouve.

(j'en connais un qui ne réprimera pas une exclamation en me lisant...!)

Voilà, je pressens qu'au fil du temps, je vais encore avaler, comme mes congénères carcinomateux, quelques couleuvres du même acabit. Définitivement, rien ne sera plus comme avant, en plus de mon néné gauche...

Certes, me dira l'adepte de la pensée positive, qu'importe, pourvu qu'on soit vivant et à peu près valide ? L'adepte de la pensée positive a raison. Mais il faut beaucoup de musculation mentale pour s'en tenir à ça... :-)




Posté par AnaCaracol à 16:23 - Ma life de djeun - Commentaires [7] - Permalien [#]

12 juin 2008

Historique 9, encore plus vieux..

ça se mélange, ça se mélange, le temps fait des boucles.

A la question de Bea, à savoir "pourquoi n'avoir pas écrit cet historique au moment où c'était du présent", je réponds  :

Salut Béa ! Comment tu vas ? (en vrai je sais comment tu vas, je lis ton blog, peuchère). Je te bise plein.

Mais je réponds aussi : parce qu'à l'époque, le blog n'était pas un truc pour moi. L'expression de mon vécu se limitait au site des Essentielles (voir le lien à gauche) et ça me suffisait, jusqu'au jour où j'ai réalisé que je m'auto-censurais un peu et qu'il me manquait aussi parfois, souvent, l'image ou le son. D'où blog.

Du coup, pour faire de l'historique de l'historique, je place ici aussi ma petite bio Essentielle qui raconte au fil du temps et en résumé, mon parcours de la nénécombattante.

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Une femme revient au cabinet du médecin qu'elle vient à peine de quitter.
- Docteur, vous m'avez dit poisson?...Capricorne ?... Verseau ?...Je ne me souviens plus de ce que j'ai...
- CANCER, Madame, CANCER ......
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Mars 2007 :
j'ai un gros machin dans le sein gauche qui fait mal.

Le docteur, y m'a dit que ça s'appellait un carcinome Canadair infiltrant de 2 cm et qu'il allait m'enlever ça vite fait, plus ganglions si affinités. En attendant l'opération du 25 avril, je me dope au Lexomil et aux câlins de mes enfants.

5 mai 2007:
La suite, c'était une tumeur de 4 cm et un curage axillaire (sentinelles touchées, les 8 autres en pleine forme). Bonnes nouvelles: pas d'ablation du sein, et chimio à venir. Bin oui pour moi c'est une bonne nouvelle, c'est que je vais passer à l'action pour que ça ne dégénère pas plus... !

8 mai:
J'ai des spaghetti plein le bras ! bon mes spaghetti, ce sont des brides axillaires. Vais me les faire casser demain, j'ai eu un aperçu de la chose lundi, aïe aïe aïe ça fait maaaaal. Gloups.

22 mai:
mon kiné est très gentil et me fait de gentils massages qui font même pas mal.
Préparation mentale pour les 3 FEC100 + 3 je-sais-plus-quoi-qui-pourrit-les-ongles à venir dans 2 jours. J'ai sacrifié ma belle chevelure que je garde en souvenir dans une boîte. Réactions horrifiées autour de moi. M'en reste un peu pour qu'il n'y ai pas marqué "cancer" sur mon front, mais je m'apprète au coup de rasoir final. Plus de Lexomil, la tisane c'est très bien.

Je suis BLINDEE ! C'est moi la meilleure ! la plus forte ! Rhâââ (cri de Rahan). Plus d'interrogation, je m'appelle SUPERWOMAN et je vais dégommer tout ce qui peut rester de métastases avec mes petits bras musclés ! Zzzzzoummmmmm (ça, c'était mon sabre-laser de maître Jedi). Me reste à trouver un super-héros chauve, je n'en ai pas à l'esprit. Mais s'il n'y en a pas, j'en inventerai un nouveau, ce sera moi : Super-Caracol! Tatataaaaam !

22 Mai : Merci Isabelle, je suis un bonze, un maître Shao-Lin des arts martiaux. Appellez-moi Grand Sage Car-a-Col. Quand j'attaque une horde de métastases, je vole à la vitesse de l'éclair, et dans une pirouette impressionnante, je leur envoie de grands coups de tatanes dans les mâchoires. Yaooooooooohhhh!!! La force est avec moi (ah non, ça c'est Starwars). La puissance du Bouddah alors. Aouuuuuuummmmmmmm...

PS : je ne me dope pas, je n'ai rien fumé d'illicite, promis (à moins que j'ai confondu la verveine avec autre chose ???)

30 mai : 1ère chimio Fec100 impeccable. J'ai l'estomac un peu de travers et je plane légèrement (mais c'est peut-être mon nouveau statut de moinesse shao-lin qui me fait léviter), mais ça m'a au moins permis d'arrêter de fumer : YEAAAH ! (ça va encore me coûter 10 kg de plus, ce truc-là :-( )

Sinon, la chimio c'est un peu déprimant. Ca me fait sentir malade et ça c'est trèèèèès mauvais pour le moral. Donc blindage mental,   "je ne suis pas malade, ce ne sont que des effets secondaires, moi, en vrai, je suis en pleine forme. La preuve, tiens, je vais sortir faire un tour."

Juin : 2ème Fec, beaucoup plus dur, fatigue et aphtes. La perruque me fait plein de bouton sur la tête... Quand mes cheveux ont commencé à tomber je suis passée à l'action avec une tondeuse et ça y est, je l'ai ma tête de maître shao-lin. Je n'ai pleuré qu'une journée, ça va. Mais j'ai froid à la tête !
Nous faisons des séances de salutations bouddhistes avec mes enfants que j'appelle "petit scarabée". Et en plus, je ne fume vraiment plus ! wouah comment je suis trop fière !

Juillet : 3ème chimio  : Fec100, c'est fini, yééé yéééé yééé !!! Maintenant je peux le dire : la truco-rubicine, c'est DEGUEU ! A la simple idée que j'ai fini de digérer ce machin infâme, je suis aux anges. Dès la première semaine passée, je me suis vengée avec 2 semaines de vacances au chaud, pas du tout reposantes physiquement (camping itinérant) mais très bonnes pour le moral. Si Taxo est d'accord, je remettrai ça en août pour 1 semaine. Et même s'il n'est pas d'accord, m'en fous !!! j'irai quand même !!!

Août : 1ère Taxotère. Le taxo, c'est pas rigolo. Aïe, Ouille, et quelle fatigue, 8 jours après c'est pas fini. Mais comme je l'ai écrit avec mon sang au mois de juillet : "m'en fous !!! j'irai quand même !!!" et puis je suis enfin en phase remontante, donc : j'y vais. Même pas peur. Bonnes wouacances !!!

Septembre : 2ème Taxo finie : Aïe, Ouille et re-aïe, plein d'horribles effets secondaires + augmentation lymphoedème, mais je n'ai toujours pas envie de me plaindre. Garder un bon moral est plus difficile, mais toujours possible. Sucer de la glace pendant la chimio semble être efficace pour les problèmes d'aphtes. Pour les hémorroïdes, expérimentations cliniques à faire... :-D
Plus qu'une à tenir, je tiens le bon bout :-)

11 Septembre : GRRRrrr Lymphangite !
15 Septembre : Dernière Taxo, plutôt normal voire pas si mal voire même peut-être mieux que la précédente, ou alors c'est moi qui m'habitue ! ;-)
25 septembre : Chhhttt, je dors, mmmpphhh fatiguéééééee.... je retire tout ce que j'ai dit le 15...
15 octobre : première séance de rayons, effets du taxotère toujours là
2 novembre : rayons laborieux, mal de gorge je suis au régime liquide :-( Effets du taxotère toujours là, mais un peu mieux, j'arrive à marcher 500 m, victoire !!!
26 novembre : rayons bientôt finis, il est temps parce que ça commence à bien se sentir (ouille) sur le sein...!

4 décembre : FIN DES RAYONS! Fêtée au champagne avec les copains et bonne rigolade. Bilan dermato : un peu cramée, douloureux la dernière semaine, mais rien de trop méchant. Par contre l'oedème s'en donne à coeur joie, j'ai du mal à contrôler le gonflement malgré le manchon et les séances de Dlm. Reste à faire un petit bilan avec mon onco, je ne sais pas très bien ce qui m'attend maintenant à part le Tamoxifène...!

5 février : fin de l'arrêt maladie ! je reprends le travail en mi-temps thérapeutique, ça fait du bien de reprendre un rythme plus soutenu. Le Tamoxifène, ça peut aller, c'est pas la grande forme physique entre deux bouffées de chaleur, mais je n'ai pas à me plaindre. Le programme maintenant, c'est maigrir et faire plus d'exercice. Et ne pas récidiver. Contrôles en mars.
Jusqu'ici, tout va bien...;-)

4 avril : les contrôles sont passés. Echo+mammo Ok sauf un kyste pas inquiétant du côté "sain" (évidemment je ne m'inquiète pas, ce n'est pas DU TOUT mon genre...) ; scintigraphie osseuse passée "par hasard" et "okaou" pour une entorse : tout va bien. Et avant-hier, j'ai entendu incidemment dans la bouche d'un médecin le mot magique : "rémission complète". Au final ça ne veut pas dire grand'chose, mais quand même, c'est un mot qui fait du bien :-)





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04 juin 2008

Historique 8, la routine

tondeuse Au bout de 2 semaines, quand je me suis aperçue qu'il y avait plus de cheveux que de nourriture dans mon assiette, j'ai pris la décision de couper court à tout ça : j'ai tout tondu.

Un dimanche après-midi, je me suis enfermée dans la salle de bains avec une tondeuse pendant que la famille vaquait à ses occupations ; je me suis regardée dans la glace et j'ai tondu, mèche après mèche que je reposais soigneusement dans le lavabo. Au bout d'un moment je ne voyais plus rien qu'un gros tas sombre devant moi, une sensation de froid. J'ai pris une bonne douche en pleurant, j'ai remballé mes cheveux, mis un bonnet, et j'ai passé le reste de la soirée enfermée dans ma chambre à cacher ma tête.


Le lendemain matin, je trouvais ça devant ma porte :

mot

... alors je suis devenue plus cool. Les enfants, ça aide bien pour relativiser.


 

La routine des chimios a démarré. Ce sont des mois entre parenthèses que j'ai passés, sauf les 3 semaines où j'ai réussi à partir en vacances ; pour le reste, je ne me souviens à peu près de rien...!

Mais finalement, le moral était au beau fixe. Après les angoisses de l'attente, l'action était bonne. Avoir perdu mes cheveux, avoir un rat crevé dans l'estomac, perdre l'usage de mes muscles, prendre plein de kilos, être faible et douloureuse de partout, ce n'était toujours RIEN par rapport à l'idée que j'aurais pu, par exemple, être morte où que je n'aurais pas pu partir en vacances.

Avec Taxotère, j'ai passé des heures et des heures à me tartiner les ongles, ça passait bien le temps. Et puis réussir à marcher 100 m c'était une grande aventure, donc un rien me divertissait...!


Et la boucle est bouclée, j'ai fini l'historique jusqu'au mois de septembre, mois de création de ce blog.




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02 juin 2008

Historique 7, Bienvenue

- j'ai écrit ça en janvier, je me décide quand même à le publier...-

sallechimio

Bienvenue dans un monde meilleur, bienvenue au bâtiment A.

Jusqu'ici je ne connaissais que le bâtiment D pour les divers et sympathiques examens à passer, mais là je découvre enfin le bâtiment A, le centre névralgique du centre anticancer, là où meurent les patients en fin de vie, là où circulent les chimiothérapisés, là où on trouve le personnel qui fait joli, en dehors des oncos, comme kiné, nutritionniste, infirmière "de liaison", assistante sociale, esthéticienne, tout ça.

J'entre dans le bâtiment A, à la fois pour qu'on me pose un PAC (ou cathéter, ou chambre implantable) et pour qu'on m'envoie la première dose de chimio, ma copine l'épirubicine, du Fec 100.

Evidemment, forcément, bien entendu, bien sûr, on me demande de venir à 9h à jeun pour me faire passer sur le billard 2 bonnes heures plus tard. A ce moment je ne suis pas encore blasée, aujourd'hui je suis empreinte d'une sagesse millénaire et je SAIS que... bin c'est comme ça et pis c'est tout.  T'es malade, tu poireautes. T'as un cancer, tu poireautes encore plus. On ne nous appelle pas des patients pour rien.

Qu'à celà ne tienne, je suis d'une zénitude absolue. Enfin à peu près. Plus ou moins, quoi. Enfin plus tant que ça. Mais heureusement, je finis par passer. On m'endort avec un masque et une fois de plus je cligne des yeux et hop ! me voilà réveillée avec un alien au-dessus du sein droit.

Il est midi, J'attends impatiemment mon injection.

OUI je sais, c'est bizarre. Il y en a certaines (certaines, que je ne nommerai pas), certaines, donc, qui redoutent la chimio, et qui en se promenant sur les blogs des autres, angoissent en voyant des descriptions effrayantes de ce qu'est une chimio Fec (mais bien sûr, je ne les nommerai pas).

(c'est pas mon genre)

Bref.

Donc j'attends avec impatience mon injection, parce que c'est elle qui va me "garantir" (il y a des phases de vie où on revoit ses critères de garantie à la baisse) que les vilaines petites cellules toutes pourrites ne sont pas allées, et ne vont pas, ou plus, se balader dans le reste de mon corps.

Et puis après toutes ces attentes, un peu d'action c'est bon à prendre.

Le chirurgien m'avait conseillé de me couper les cheveux très courts pour m'habituer avant la chimio, alors j'ai obéi, je me les suis coupés aux épaules.

Enfin voilà, je suis donc très zen, prête, j'attends.
J'attends.
J'attends.
Pompompom


Il est 17h, je pète un plomb. Toute rouge et en larmes, je remballe mes affaires et annonce à l'infirmière que leur chimio, ils peuvent se la carrer où ils veulent, mais qu'en ce qui me concerne, je m'en passerai parce que là, j'en ai ras la soupière. On ne m'a même pas mis de patch pour la piqûre, ni d'antivomitif qu'on doit prendre une heure avant, rien.

La moitié de l'hôpital se jette à mon chevet (mes grands-parents vivaient près de Marseille) et me supplie à genoux de ne pas partir. D'un air fâché mais digne quand même, je daigne rester. Mais le service fermant à 18h, c'est une chimio de Fec ultra-rapide qu'on m'injecte en même temps qu'une litanie d'excuses.

En fait, je crois bien qu'on m'avait oubliée. Plus de place au rayon "chimio", on m'a stockée au rayon "chirurgie" et du coup je crois bien qu'on m'a légèrement zappée.

Je rentre chez moi épuisée, non pas par ces grosses seringues rouges qu'on a vidées dans mon corps, mais par la tension nerveuse accumulée.

Ensuite, ce sera beaucoup mieux rythmé :
1 semaine dans mon lit,
1 semaine légèrement glauque,
1 semaine pas mal du tout,
une virée à la pharmacie,
des cachets de cortisone effervescente,
un cachet d'antivomitif,
un patch anesthésiant pour la piqûre,
un taxi qui m'attend devant la porte,
et hop, c'est reparti pour 5 autres chimios.

Incroyable. Le simple fait d'écrire tout ça et de me replonger là-dedans, un an après, et la sensation digestive revient. Vous savez, ce "petit goût de fer" qui vous emballe de l'estomac à la bouche (version expurgée). J'en suis même toute fatiguée et je crois bien que je vais faire une sieste...








 


Posté par AnaCaracol à 14:58 - Ma life de djeun - Commentaires [7] - Permalien [#]
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