22 septembre 2008
La question du jour

"comment échapper au placard après qu'on se soit bien passé de vos services pendant presqu'un an ?"
30 décembre 2007
ça le fait pas
j'ai beau me chatouiller, j'ai de plus en plus de mal à rire.
Le "ça va" lu chez Stella coïncide avec mes actuelles tourmentations. Sauf qu'on ne me demande même pas si ça va, tellement on est sûr que oui : j'ai "bonne mine" (tout est relatif, mais par rapport aux périodes de chimio, j'ai bonne mine, oui), je fais montre de ma jovialitude coutumière, donc fatalement, oui, ça va.
Mais dans ma tête, aïeaïeaïe c'est l'horreur. Je me demande constamment si une nouvelle tumeur est en train de grossir, je désespère à l'idée de cette montagne de kilos qu'il va falloir faire partir, et je me redemande si une nouvelle tumeur ne serait pas en train de grossir comme ça par hasard puisque les kilos en trop c'est cancérigène. J'ai mal à plein d'endroits et chaque douleur est la marque potentielle d'un nouveau cancer. On vient d'en trouver un à ma tante qui a déjà Alzheimer, c'est pas sympa le cumul des mandats, je trouve, et on en cherche un chez ma mère. Comme quoi le cancer ça pourrait bien être génétique, sauf que c'est moi la plus jeune qui trace la route, c'est de la génétique ascendante, un nouveau concept. D'ailleurs je me demande si une nouvelle tumeur ne serait pas en train de grossir comme ça par hasard.
Mon médecin n'a pas parlé de rémission, la guérison c'est pour dans 10 ans, la dernière visite c'était de la routine, une parmi encore plein et plein d'autres, enfin bref, je suis toujours dans le monde du cancer et je continuerai à y être encore pas mal d'années. Je serai peut-être en rémission quand j'aurai réussi à passer 5 ans sans récidive, c'est-à-dire si une nouvelle tumeur n'est pas en train de grossir comme ça par hasard.
Tous ces mots-là n'ont l'air de rien, enfin je crois, mais ça représente une montagne pour ma petite tête (dans laquelle j'espère qu'une nouvelle tumeur n'est pas en train de grossir comme ça par hasard). Parfois, le plus souvent même, j'arrive à ne pas me prendre la tête et à profiter de la vie d'une manière raisonnablement insouciante. Mais arriver à être raisonnablement insouciant, c'est un sacré exercice de gym mentale, et ça me fout des crampes. Et puis j'ai jamais aimé jouer au Loto, aux jeux de hasard, et là j'ai l'impression de jouer à la roulette russe à longueur de temps.
Bon ça déprime grave par chez moi, et l'homme de la Pampa n'arrange pas mes affaires. D'ailleurs un mauvais état d'esprit peut faire grossir une tumeur comme ça par hasard, c'est David Servan-Schreiber qui l'a dit (qu'on le pende haut et court, celui-là, il commence à m'énerver !)
Alors dimanche je vais morosifier toute seule dans mon coin (ça va faire grossir la tumeur) et puis lundi je préparerai mon réveillon (là elle va arrêter de grossir), et le soir je me bourrerai la gueule histoire de montrer que c'est pas un cancer ou une tumeur qui grossit comme ça par hasard qui vont m'empêcher de picoler, et je chanterai d'une voix de pocharde sur un karaoké de Michel Sardou, c'est vous dire comment je déprime grave de super grave, limite suicidaire (je dis ça, c'est surtout pour Sardou. Vraiment. Brrrr j'en frissonne.). Et là la tumeur elle va regrossir parce que l'alcool et la clope et le sucre (et Michel Sardou) ça fabrique des cancers, surtout chez les gens déprimés. Tiens je danserai même la tektonik, c'est pas une entorse qui va m'en empêcher (ni même une tumeur qui grossit comme ça par hasard), bien au contraire, c'est super adapté. Après je beuglerai Bonne Annéééééééeeee en buvant du champagne au goulot et en vomissant sur mes copains, et j'en aurai enfin fini avec cette merde d'année 2007.
Je suis pas une winneuse, moi, pis d'abord j'aime pas les battants. La pensée positive c'est pas mon truc habituellement, mais en ce moment ça me donne carrément des boutons. Je suis pas capable de mener le train de vie de Servan-schreiber (qu'il soit maudit jusqu'à la 28ème génération), cet ascète de l'anticancer qui avec son curcuma, ses graines de lin bio, son sport et son yoga, me met devant un constat affligeant : je ne ferai jamais partie de ces gens actifs et positifs capables de faire reculer le mal grâce à leur formidable hygiène de vie et leur mental en béton, je suis condamnée à la récidive.
Eh, heureusement que je suis sous antidépresseur, vous imaginez sans ???
(ça pourrait bien faire grossir encore plus une tumeur comme ça par hasard)
Bon, vous inquiétez pas pour moi, ça va s'arranger, j'avais juste envie de l'écrire.
18 novembre 2007
Punk, number two
Comment exprimer sa "punk attitude" les jours de grande détresse hospitalière, quand l'infirmier vous crie dans l'oreille comme si vous étiez sourde ou quand l'aide-soignante débarque en disant "alors, comment elle va aujourd'hui ?"
La réponse est là (branchez le SON !), sur
"The dirty punk anarchy machine"
Alors, ça vous a plus ? Moi je suis assez "ZB" personnellement, enfin chacun son truc
23 octobre 2007
God save the queen
Y a des jours comme ça ...
Où je suis très comme ça :
Par exemple hier, à la radiothérapie, je sais pas, je les ai trouvés très cons. Je leur ai jeté mes regards les plus mauvais. Je suis partie sans leur parler, sans leur dire au-revoir, sans les regarder, royalement drapée dans mon foulard masquant mes pauvres seins martyrisés par le cancer (à gauche) et l'attraction terrestre (à droite), dédaigneuse, et une fois dans ma cabine je leur ai lancé à travers la porte mon "Connards ! " le plus puissamment silencieux assorti de l'image ci-dessus.
Mais pourquoi tant de haine ?
Bin me rappelle plus. Juste une façon de me parler, de ne pas me regarder, ou comme un bout de bidoche, d'avoir un langage forcé : "alors madame machin, vous allez retirer la chemise, oui, vous allez lever les jambes, hein madame machin".
Prends-moi encore pour une huître, crétin.
Qui en plus s'impatiente parce que je ne lève pas assez bien les deux jambes, allongée sur leur table à la con, mes jambes gonflées par l'oedème et crampées par le taxotère, fatiguée, énervée.
Prends-moi encore pour un lapin de six semaines, andouille.
Qui s'imagine que je n'ai pas encore compris que les rayons c'était torse nu, qui ne percute même pas avec ses 3 neurones uniquement consacrés à ses machines et ses séances de squash que j'ai pas envie de me trimballer les nibards à l'air au milieu de toutes ces machines, ces gens habillés qui m'appellent "madame machin" en beuglant et en articulant comme si j'étais une grabataire à moitié sourde et abrutie, que j'ai envie de me déshabiller au dernier moment pour garder un petit semblant de dignité avec mon buste ravagé, mes trois poils sur le caillou et ma perruque qui glisse sur le côté.
Grosse buse, tiens.
'tiiin, j'étais punk, hier ! même mes cheveux étaient tout hérissés !!!
23 septembre 2007
Le Fec nouveau est arrivé !

Allez, Marcel, encore un ptit coup d'jaja ?
Oui je sais, celles qui se sont fait injecter du FEC ont eu un haut-le-coeur en voyant ce joli verre de beaujo.
Y en a des qui disent que les chimios Fec donnent un mauvais goût en bouche. Genre un goût métallique.
Métallique, mon oeil, ouais !
La vérité vraie des effets d'une chimio de Fec, je vais vous la montrer, moi, la voili, la voilà, elle est là :

Oui madame, un rat crevé dans l'estomac !
Et j'ai trouvé un blog qui exprime remarquablement bien la sensation gustative d'une chimio Fec, le voici :
Blogborygmes
(écoutez le morceau de zik qui va avec c'est tordant)
(enfin moi ça me fait marrer)
Bon appétit ! :-)))


